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02 avril 2009

Le poil et le goût

L'actualité est riche autour du thème du poil. Ce thème est sans doute printanier. L'homme se réveille de l'hiver et a envie d'humer le parfum des fleurs.

Ainsi l'article d'Agnès Giard sur la sortie de l'ouvrage de Jean Da Silva Du velu au lisse (histoire et esthétique de l’épilation intime). Dans la Blogosphère le billet à plus d'importance que le livre. Mais également les nouvelles éditions des ouvrages sur l'origine du monde.

Avant de parler des saveurs comparées avec ou sans poils, j'en appelle d'ailleurs à votre participation, car sans vous je ne sais pas si j'atteindrais une crédibilité scientifique.

Je voudrais remettre en évidence la gravité de ce conflit avec Gérard Zwang (qui apparait également comme un partisan du sexe naturelle) : "Le Sexe de la Femme", Editions Pygmalion, 1979

extraits :

Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de leur physiologie : navrante litanie !

* Le sexe de la femme est velu : d'une façon générale, la femme n'a pas le droit de posséder du poil ; c'est gênant, disgracieux, sale.

* Le sexe de la femme est trop compliqué. L'ensemble de ses plis et replis paraît bien trop exubérant, injustifié, pour ce qui, après tout n'annonce qu'un trou. Complication absurde et fastidieuse de la margelle du puits vaginal.

* Le sexe de la femme sent mauvais. Le smegma vulvaire, fermentant, répand certes miasmes évoquant aussi bien le poisson avarié que le lait aigre. Mais il faut au moins trente-six heures de négligence pour en arriver à ce fâcheux résultat (...)

* Le sexe de la femme est humide. Un organe qui coule ne semble jamais très sain. Pourtant familiarisé avec l'humidité de sa bouche, l'homme imagine mal que l'entrecuisse puisse être naturellement moite et fluent. La lubrification vulvo-vaginale physiologique lui paraît un peu sale, à tout le moins louche. (...)

* Le sexe de la femme saigne.(...)

* Le sexe de la femme est maléfique.(...)

* Le sexe de la femme est creux.(...)

Malheureusement pour lui, le sexe de la femme ne ressemble à rien à une fesse ; velu, humide, compliqué et creux, il fait tache au beau milieu du corps féminin, il le dépare, l'enlaidit. Voilà la principale origine de son inexcusable censure esthétique, comme du flot de qualificatifs injurieux qui déshonorent tant de langues humaines."

J'espère qu'en pratiquant ce blog vous ne partagez pas ces bullshits.

1ère illustration : avec poil façon Commune de Paris 1871.

hdorigine

Posté par nicocerise à 15:26 - Cultures - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

bon ben il faut s'accrocher pour lire des bêtises pareilles. Le sexe de la femme est beau et Pierre Louys poète trés inspiré a trouvé les mots justes pour le sublimer:

"oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses
mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor
des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or,
qui palpitent légers sous les mains amoureuses"

extrait des nymphes.


baisers

Armandie

Posté par armandie, 06 avril 2009 à 19:38

@Armandie : oui désolé, mais le sexe de la femme fait encore peur à certains. Personnellement je suis fasciné par sa complexité.

Posté par nicocerise, 06 avril 2009 à 23:12

Commentaire d'un féministe

Bonjour à vous. Je suis tombé sur ce blog via celui d'Agnès Giard. Concernant Zwang, je pense que vous interprétez à l'envers ses propos.

En effet, il dit : "Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de leur physiologie : navrante litanie !"
Ce qui suit est donc la litanie qu'il trouve navrante et qu'il énumère mais qui n'est pas du tout sa pensée.

Zwang est un ardent défenseur des femmes et il lutte contre tout ce qu'on a imposé aux femmes comme tortures corporelles au cours des siècles et qu'on impose encore aujourd'hui, de façon plus insidieuse que par le passé.

Comme on peut le lire ici : http://ame.enfant.org.free.fr/zwang.html où il parle des mutilations, dont l'épilation fait partie, cela date de 98 mais est encore très actuel.

Ce que vous citez de Zwang, c'est justement ce qu'il dénonce. Ce sont les reproches que les hommes ont fait aux femmes pendant des siècles et cela fait partie de la répression sexuelle.
Je pense qu'il était important de rectifier et je vous invite à lire ce que Zwang explique ci-dessus, voici un petit extrait.

«L'homme normal est habituellement rebuté par l'aspect chauve de la zone génitale féminine. C'est en général la conséquence de la maladie, et surtout de la sénilité. Une femme dépourvue de poils pubiens est une vieille femme n'inspirant plus le désir. C'est pourquoi la tonte sexuelle a de tout temps été infligée comme punition, surtout entre femmes. Pour défigurer une rivale, ou pour châtier une prostituée qui n'a pas obéi aux règlements du Milieu. Avant la libéralisation de l'interruption de grossesse, et sans nécessité d'asepsie depuis la mise au point de désinfectants liquides efficaces, les femmes devant subir un curetage évacuateur après avortement étaient systématiquement et entièrement rasées. Il fallait les punir d'avoir "tué leur bébé". Dans un cas comme dans l'autre on s'attaquait à un signal déclencheur très puissant, destiné à susciter le désir masculin, et on espérait bien mettre la femme "hors course" avant la repousse pileuse.

Il n'en va pas de même en contrée phallocratique, là où les femmes sont infériorisées, assujetties. Le rasage féminin donne à la vulve et au pubis l'aspect glabre des organes infantiles. C'est un signe de soumission, pour ne pas apparaître en tant qu'adulte et autonome. La femme est ainsi infantilisée.

La pratique est solidement implantée dans les pays musulmans. Mais en Occident, la sexualité et ses poils, tout spécialement féminins, ont été fortement culpabilisés.

C'est pourquoi tant de femmes ont accepté sans broncher l'obligation de rasage que leur ont infligé les maillots de bains "brésiliens". Cet attentat à leur féminité morphologique adulte est même tarifé dans les instituts de beauté. Les acheteuses de tenues de bain très échancrées y vont se "faire le maillot". Pour se faire déboiser sur mesure. Alors qu'il existe un peu partout des plages nudistes où montrer plus ou moins de poil n'a plus aucune importance.

A l'instar des phallocrates orientaux, il existe des machistes occidentaux qui eux aussi sont émoustillés par les femmes infantilisées. C'est pour leur complaire que la "faune" qui pose dans les productions pornographiques pratique souvent l'épilation totale, et que certaines de leurs partenaires s'y soumettent dans la vie courante, pour ressembler à ces modèles rasés.

Il va de soi que les pédophiles, inhibés par les femmes "velues et entières" apprécient hautement les fillettes glabres et "bien obéissantes".

L'épilation corporelle totale.

Elle est infligée rituellement aux jeunes mariées, avant la nuit de noces coranique. Mais aussi en Inde, avant le mariage avec un aristocrate. La femme est devenue à nouveau une enfant, au pouvoir de son seigneur et maître. Il en attend la même docilité.

3° La censure de la féminité

Renoncer à sa toison pubienne, à sa pilosité axillaire, à ses cheveux, voiler sa chevelure, son visage, autant de sacrifices auxquels sont contraintes les femmes partout où la féminité est suspecte, crainte ou haïe. Certains châtiments expriment même un regret non pas "inconscient" mais bien manifeste de certains hommes : que les femmes ne soient pas des hommes, à leur image.

Bien que tous ces châtiments n'entraînent pas d'amputation irréversible, ils n'en sont pas moins répréhensibles car basés sur la même idéologie que les mutilations sexuelles. La vieille culpabilisation métaphysique de l'animalité humaine, de ses désirs, de ses organes sexuels, de leurs poils et de leurs odeurs, la vieille misogynie inspirant les mêmes réticences, les mêmes condamnations, les mêmes censures. Dans les hautes sphères de l'éthique comme dans la vie quotidienne.»

Posté par Pierre, 20 avril 2009 à 09:53

suite

Et oui, l'épilation pubienne est du puritanisme et au départ, elle était imposée aux femmes par les hommes ou alors, on punissait une femme ayant fauté en lui brûlant le pubis à la cendre, voici ce que dit Aristophane, 500 avant JC dans "Lysistrata"

"- J'en jure par Aglauros, femmes, vous avez perdu le sens ou vous êtes sous l'influence d'un philtre, ou victimes d'un malheur étrange, pour permettre que cette peste vous insulte toutes. S'il y en avait une parmi vous... Eh bien! allons-y nous-mêmes avec nos servantes, prendre quelque part de la cendre, lui épiler le bas-ventre, afin qu'elle apprenne, étant femme, à ne pas parler mal des femmes dorénavant.
- Pas d'épilation, femmes! Si en toute franchise il est ici permis à chaque citoyenne de dire son avis, et si j'ai exposé ce qui me semblait juste à l'égard d'Euripidès, dois-je, pour cela, être épilée et punie par vous?"

J'ai analysé les propos d'Aristophane ici : http://ecologielibidinale.les-forums.com/topic/84/grece-antique-epilation-punition.html
Les poils féminins (PF) étaient interdits dans toute représentation du corps des femmes à cause de leur caractère érotique, d'où leur absence des tableaux des grands maîtres (jusqu'à la fin du 19ème) ou des statues grecques. Dans les écoles d'Art de l'Antiquité à la Renaissance, on interdisait aux élèves de la représenter, car trop érotique, donc taboue, c'est du puritanisme. Puis, les censeurs d'Hollywood interdisent qu'on la montre, dès le début du cinéma en 1896, média considéré comme subversif et donc, à réglementer. Pour ne pas voir leur film interdit, les réalisateurs se pliaient donc aux diktats puritains.
Aujourd'hui, pratiquement aucun cinéaste français ne respecte la vérité historique alors qu'il suffit de regarder les archives de l'INA pour voir que peu de Françaises lambda s'épilaient, jusqu'au début des années 80. C'est une forme de révisionnisme, même si le mot peut paraître forcé car c'est bien souvent involontaire, les réalisateurs sont persuadés que les femmes se rasent depuis toujours, certains à qui j'ai écrit l'ont avoué.
Mais le tournant, c'est en 1915, lorsque cela devient un enjeu commercial, les marchands de rasoirs se sont rendus compte du marché énorme qui s'ouvraient à eux, celui des femmes. C'est un tabou ancestral doublé d'une histoire de fric qui conduit à la situation actuelle puisque ne pas se raser/s'épiler, ça ne rapporte rien.
Ce qu'on censure est forcément sulfureux, la situation actuelle est la même qu'il y a 2000 ans puisqu'il n'y a plus aucune femme avec des poils dans la sphère publique mais aujourd'hui, la société n'assume pas cette censure, elle parle de "liberté", de "choix personnel".

C'est Giscard dans les années 70 qui a autorisé qu'on montre des poils pubiens car il y avait une interdiction légale en dehors de l'art (peinture). Dans les années 1950 paraissait une revue érotique s'appelant Paris Hollywood, une espèce de Playboy avant l'heure. Mais elle ne publiait pas de photos sans les retoucher car il y avait une censure draconienne qui interdisait toute représentation du sexe féminin et de la toison pubienne. Les photos de femmes entièrement nues étaient retouchées et le bas du ventre des modèles apparaissait lisse et dépourvu de tout détail. Mais depuis le milieu des années 90, les pubis féminins perdent à nouveau leur toison dans ces magazines et dans les films X. On voit bien en quoi c'est une retour au puritanisme, la parenthèse pileuse aura duré moins de trente ans.

Il y avait déjà des pubis épilés dans certains films X des années 80 : les SM où l'épilation fait partie du rituel de soumission. Se faire raser le pubis y était la dégradation ultime, rendant les femmes infantiles, comme on le faisait les siècles passés pour punir certaines femmes. Cette humiliation a plu à certains détraqués parmi les producteurs de X qui ont alors eu l'idée de l'étendre à presque tous les films X.
Je compare l'épilation féminine avec le voile chez les intégristes musulmans. Le voile a pour but de cacher une partie du corps vue comme érotique par les Musulmans machos qui refusent que d'autres hommes puissent être "excités" à la vue des cheveux d'une femme. Donc, enlever les poils (les cacher, en somme) ou cacher les cheveux, c'est du pareil au même, on enlève un attribut potentiellement érotique. Les mollahs main dans la main avec les pornographes pour empêcher les femmes de montrer des attributs érotiques, qui l'eut cru ?

Pierre

Posté par Pierre, 20 avril 2009 à 09:55

@Pierre : j'ai préféré publié votre commentaire qui permet de communiquer des sources si précises. Pour mes idées persos je renvois à L'origine du monde que je mets en évidence dans la banière. J'espère lutter à ma manière pour les poils.

Posté par nicocerise, 20 avril 2009 à 23:25

Merci nicocerise. Ça fait plus de 10 ans que ce sujet me passionne et me touche de près car ma femme ne se rase pas les aisselles et depuis plus de 10 ans, elle se fait insulter par des gens, à la plage ou à la piscine : on la traite de singe, de yeti. Je suis avec elle chaque fois et je peux vous dire que ça fout les boules. Moi aussi j'ai des poils mais personne ne me dit rien, c'est donc une discrimination sexiste. En voulant comprendre pourquoi cette méchanceté verbalisée, j'ai mis le doigt dans le féminisme. Mon but est de partager les infos que j'ai collectées au fil du temps.
Je parle indifférement du pubis et des aisselles car pour moi, c'est indissociable. La puberté fait pousser des poils à ces endroits et sont donc signes de maturité sexuelle. C'est d'ailleurs parce que les aisselles rappellent le pubis que bcp de gens sont choqués de voir une femme naturelle : certaines femmes sont même jalouses de l'audace de celles qui arborent publiquement leur toison aux aisselles. C'est presque un acte militant, de résistance.
On évoque souvent l'hygiène pour justifier le rasage/l'épilation. Si réellement, c'était hygiénique de se raser, les médecins le prescriraient. Ma femme ne s'enlève aucun poil mais elle se lave chaque jour et met de la pierre d'alun pour les aisselles : pas d'odeur et moins de transpiration, avec un produit naturel. De plus, les poils pubiens des femmes protègent contre les mycoses et autres infections. Les cheveux sont des poils et retiennent aussi les odeurs, pourquoi donc aucune femme ne se rase le crâne ? Parce que le crâne rasé rappelle l'humiliation ou la maladie. Or, le pubis rasé, comme dit plus haut, c'esrt aussi l'humiliation, la punition. Seulement, on n'a pas d'images de femmes se faisant raser le pubis, on en a de celles se faisant raser le crâne à la fin de la guerre, car elles auraient couché avec l'ennemi. C'est pour ça que je rappelle sans cesse le contexte terriblement misogyne du pubis rasé.
Sur le fait que la PF dérange, le tableau de Courbet prouve que le puritanisme est encore très présent aujourd'hui : dans une émission consacrée au tableau sur France-inter l'an passé, un responsable du musée d'Orsay explique que des gens sont offusqués en le voyant et vont rouspéter à l'accueil en disant qu'il peut choquer des enfants. Mais il y a d'autres tableaux avec des femmes au pubis épilé à cause de la censure et ça, personne ne s'en offusque. Ces gens refusent donc ce qui est naturel et préfèrent voir un tableau censuré, c'est le monde à l'envers. :(
Certaines disent que la sensation serait plus forte lors des cunnis, avec le pubis lisse. Je dois dire que ça me laisse perplexe. Il n'y a pas de poils sur le clitoris, j'ai du mal à comprendre la logique. Et que penser de l'effet cactus ? Si une femme se rase le pubis, le lendemain, ça fait déjà repousse cactus, comme la barbe. Où est le plaisir et la "douceur" de la peau dans ce cas ? C'est un cercle vicieux, une fois qu'une femme commence à se raser, elle est obligée de continuer. Et épiler le pubis, j'ose même pas imaginer la douleur. :(
On dit souvent que la peau épilée est douce. Mais la peau pas épilée est également très douce (lorsque les poils ont atteint leur longueur normale, évidemment). Un crâne lisse est-il plus doux qu'une masse de cheveux ? Poser la question, c'est y répondre. :) De plus, quand je caresse un chat - ou une chatte ;) -, ce qui est agréable, c'est de sentir les poils. Donc, on peut autant avoir envie de caresser une peau lisse qu'une peau poilue.
J'ai vu il y a un mois une pub pour un rasoir du pubis, dans l'émission culturepub. On peut la voir ici, elle dure 2mn53s mais n'est pas destiné à la télé car trop long.
http://www.culturepub.fr/videos/wilkinson-sword-bikini-quattro-ma-garden-party.html C'est en fait une chanson d'une certaine Simone, il est question de haie ou de buisson à tailler, de nettoyage de printemps, de gazon maudit, le style de musique est clairement destiné aux jeunes femmes, le public cible étant celles de 15 à 35 ans. Les figurantes sont des midinettes fringuées comme des petites filles.
Et oui, le rasage est un énorme enjeu commercial et tout est bon pour culpabiliser les femmes (depuis peu, les hommes aussi) d'avoir des poils.
En dix ans, j'ai collecté des milliers de témoignages de femmes de tous les continents à propos de la PF, 50% s'épilent uniquement à cause de la pression sociale ! Je suis aussi très actif sur un forum où j'ai posté plusieurs sujets dont un consacré aux arguments à opposer aux clichés qu'on entend habituellement sur les poils des femmes
http://ecologielibidinale.les-forums.com/topic/43/arguments-pour-contrer-les-cliches-sur-les-poils.html Comme le disait une féministe sur ce forum «Ce qui m'offusque c'est qu'on dise à une femme qu'elle SE néglige si elle ne s'épile pas. Je pense qu'en vérité elle SE néglige lorsqu'elle laisse aux diktats de la beauté des droits sur son corps.»
Pierre.

Posté par pierre, 27 avril 2009 à 12:29

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