30 avril 2009
Pénétrer l'anneau
Le Seigneur des Anneaux n'est pas, comme on l'a longtemps cru, le récit de la lutte du bien et du mal. C'est plutôt celui de la tension dialectique entre l'homosexualité et l'hétérosexualité chez Tolkien, vécue à travers le personnage de Frodo. Frodo ne devient pas homosexuel, ou sodomite : il l'est, dès son départ de la Comté, même s'il ne le sait pas. Gandalf, vieillard lubrique et impuissant, l'a bien deviné et c'est pourquoi il veut à tout prix guider Frodo dans la voie où il a déjà mené Bilbo. Lorsque le conseil d'Elrond décide d'envoyer l'anneau en Mordor, représentation parfaite du Grand Anus Primordial cher à Deleuze et Gattari , et non chez Tom Bombadil (retour impossible à la mère) ou dans la Lorien, cela est directement lié à la sexualité de Frodo.
(...)
Il est une troisième forêt, un autre vagin humide, Fangorn, par lequel Frodo ne passera pas, du moins pas avant d'avoir achevé sa quête. Nous devons cependant nous y arrêter, car c'est ici que la symbolique est la plus riche, et nous y assistons à l'une des deux seules représentations de l'acte sexuel dans l'œuvre de Tolkien, et à la seule qui figure une relation hétérosexuelle, particulièrement mouvementée il est vrai.
Fangorn est l'image archétypale du sexe féminin dans le seigneur des anneaux. Profonde, obscure, il y coule des liqueurs enivrantes dont Merry et Pippin, qui représentent bien sûr ici des amis de Tolkien, vont se délecter. L'on peut tout d'abord voir dans la force nouvelle des deux hobbits après leur festin/cunnilingus dans l'antre de Treebeard une réminiscence de la conception taoïste de la sexualité comme moyen de s'approprier la force du sexe opposé . Mais ces préliminaires seront suivis d'une copulation monstrueuse, tellurique, lorsque la forêt/vagin se déplace pour rejoindre la tour d'Orthanc/pénis.
Ce texte cité sur le forum des nanars est extrait de
Pénétrer l'anneau
La symbolique sexuelle dans "Le Seigneur des Anneaux",
Éléments pour une lecture freudienne de l'œuvre de J.R.R. Tolkien.
Actes du Séminaire de la Tour Noire
© An 1991 du troisième âge, Presses Universitaires de Dol-Guldur.
Et je ne résiste pas au plaisir de citer un dernier passage :
L'anneau de pouvoir n'est ni l'anneau royal perdu de Salomon, ni l'anneau d'invisibilité de Gygès, ni même l'anneau de puissance des Nibelungen, c'est simplement l'anus. Pas encore le grand anus primordial de Mordor, mais au moins celui de Frodo. Cet anneau est déjà enjeu de rivalité non-dite entre Frodo et Sam, voire Gollum, qui cherchent tous à y mettre leur doigt.
28 avril 2009
Langue criminelle
Monsieur Waid voudrait savoir si cunnilinguer une personne sans son consentement est un viol. Dans quelle guépière s'est-il fourrée?
Appuyons nous pour y répondre sur ce merveilleux article d'Isabelle LB.
La fellation est elle, en droit français, une relation sexuelle ?
Le Quotidien du Médecin - 28 janvier 1999 - Isabelle Lucas-Baloup
Bill Clinton plaide, devant le Sénat, qu'il n'a pas menti en déclarant sous serment ne pas avoir eu une "relation sexuelle" avec Monica Lewinsky, et le "Journal of the American Medical Association" ("JAMA") publie, dans son édition du 20 janvier, les résultats d'une étude du Kinsey Institute for Sex research de l'université de l'Indiana aux termes de laquelle la fellation ne constituerait pas une "relation sexuelle".
En France, la Cour de cassation juge que l'expression "relation sexuelle" implique nécessairement "un acte de pénétration sexuelle" (1), et, depuis 1984, la chambre criminelle affirme péremptoirement que la fellation est un viol dès lors qu'il y a eu pénétration non consentie de la verge dans la bouche de la victime (2). Allant même, en 1997, jusqu'à juger que "tout acte de fellation constitue un viol dès lors qu'il est imposé à celui qui le subit ou à celui qui le pratique"(3).
(...) Traditionnellement, le viol s'entendait d'une "pénétration sexuelle" stricto sensu qui supposait que le sexe du coupable pénétrât dans le sexe de la victime (conjonction sexuelle), définition qui a évolué dès lors que des femmes ont été condamnées pour viol (4) et que des hommes en ont été jugés victimes. Aujourd'hui, le code pénal définit le viol comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte ou surprise" (art. 222-223).
(...)
Ainsi disparut, au mépris du sens des mots "pénétration" et "sexuelle", l'élément matériel essentiel de l'infraction : la pénétration par le sexe (du coupable) et/ou dans le sexe (de la victime). La pénétration sans le sexe, mais "à connotation sexuelle" était née.
(...)
Les meilleures plumes (souligné par nicocerise : il y a les bonnes plumes et les mauvaises langues) se sont exprimées dans les annales judiciaires sur la qualification d'une fellation comme viol et récemment encore un Haut conseiller à la Cour de cassation résumait ainsi la question :"viol d'autrui ou viol de la loi ?" (10) en citant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris qui a résisté à une telle dérive, par un arrêt du 12 janvier 1998, en énonçant que "aussi répréhensibles soient-ils sur le plan moral ou en équité, les agissements reprochés aux mis en examen doivent recevoir la qualification juridique prévue en l'état des textes par la loi". En l'espèce, la pénétration buccale de l'agresseur par le sexe de l'agressé ne constituait pas une "pénétration de la personne d'autrui par l'agresseur et relevait par voie de conséquence du délit d'agression sexuelle autre que le viol". C'est la position finalement adoptée par la chambre criminelle qui, dans un arrêt opérant un total revirement de jurisprudence par rapport à celle de 1997, condamne "le viol sur soi-même" et impose un "acte de pénétration sexuelle active" (11).
En France, la fellation est une relation sexuelle, d'après la cour de cassation, puisqu'impliquant une pénétration, mais ce n'est pas l'avis de toutes les juridictions. Dans le Dictionnaire Historique de la Langue Française (Robert), le mot fellation est "un dérivé savant de fellatum, supin du latin fellare "têter", d'où "sucer" dans le vocabulaire érotique, qui se rattache à une racine indoeuropéenne dhé- "têter". Toutes choses étant de ce qu'elles sont par ailleurs, en France, un avocat de bonne foi, surtout s'il lit le JAMA, pourrait bien, sous serment, procéder à la même affirmation, question de lecture, que son confrère devenu président des Etats-Unis. Parjure ? Dura lex, sex lex.
_____________________
(1) Arrêt Cass. crim. 28 mars 1990.
(2) Arrêt Cass. crim. 22 février 1984.
(3) Arrêt Cass. crim. 16 décembre 1997.
(4) "l'imbecilitas sexus" ayant disparu du droit depuis Justinien (Digeste 16,1,2,2).
(11) Arrêt Cass. crim. 21 octobre 1998, Dr. pénal, janvier 1999, p.12.
Attention avec ses revirements, la justice risque le 69 : Dura lèche, sex lèche.
Pour illustration de ce thème brown sugar des Rolling Stones
Le cunni-perché de Talons Aiguilles
Dans les cours d'écoles on joue à chat perché, dans les films d'Almodovar également.
Quelle plaisir de voir le personnage de Létal (Miguel Bosé) embrasser Rebecca (Victoria Abril) et la suspendre sur les tuyaux d'évacuation d'air. Nous précisons que Létal est un travesti.
Donc Létal demande à Rebecca d'ouvrir les cuisses. Elle est peu coopérante et il use de la force pour venir lui lécher le minou. La caméra passe du visage de Victoria qui passe de l'incompréhension au plaisir, à Miguel qui s'active dans l'entre-cuisse. Levant les yeux au ciel, Victoria a le visage d'innocence qui me rappelle celui d'Audrey Hepburn.
J'ai enfin trouvé la scène fatidique, profitez-en bien, moi je m'en lasse pas :
Vous pouvez retrouver également tous les baisers de José Bosé.
25 avril 2009
Culinaire ?
Le cinéma aime-t-il le cunni? En cherchant on peut trouver des perles. Si les huitres sont parfois perlières, on trouve aussi de plus en plus de beaux rosebuds dans l'intimité des pubis féminins.
Le film du jour ne parle pas directement de rapports bucco-vaginal mais l'extrait est d'une grande force érotique.
J'espère qu'il vous donnera envie de manger et de partager vos sécrétions. Si vous avez envie d'huitres voilà quelques recettes.
PS : Malheureusement il n’y a jamais eu de dvd français de ce classique japonais jadis diffusé sur Arte, il existait seulement un dvd américain assez moyen, sous-titré anglais et épuisé. Cordialement, Bruno/Boutique DVD MK2 Bibliothèque.
PS2 : le film Tampopo est de Juzo Itami
PS3 : merci à Dali pour l'idée et le travail de recherche
23 avril 2009
La planète cunnilingus
Cameroun
Uruguay
Nicaragua
Norvège
Irlande
Laos
Islande
Nouvelle-Zélande
Guinée Bissau
Ukraine
Slovénie
La terre est un village,
cunnilingus est sa source.
22 avril 2009
Un 69 d'antan
Le Chevalier.
- Tout est con chez cette divinité !Nicole (avec transport)
- Ah ! c’est bien chez toi que tout est vit.
Cet éloge est à peine prononcé que déjà sa bouche, qui ne veut pas se laisser vaincre de procédés par celle du Chevalier, s’est remplie du frais et rubicon bigarreau dont l’orgueilleux engin est couronné ; la folle fredonne en cette posture, une espèce d’air en remuant les doigts le long de cette étrange clarinette, à laquelle ce doigté ne laisse pas de causer un vif surcroît de plaisir. Elle ne dédaigne point de caresser aussi les ornements inférieurs, ni même de postillonner légèrement ce réduit plus inférieur encore, que la Nature a fait le quiproquo de ne pas rendre absolument insensible aux atteintes variées de la volupté. Ces stimulantes manœuvres ont bientôt conduit l’ardent Chevalier au même degré de prurit que sa langue fait éprouver à Nicole ; ils sont mutuellement électrisés au même instant, et l’élixir de vie que reçoit dans sa bouche l’enchanté fellateur est aussitôt quadruplement restitué à celle de l’expirante fellatrice. Deux déterminés ivrognes ne vident pas leurs verres avec autant de ferveur qu’en ont nos capricieux exaltés à savourer l’huile essentielle de Cythère. L’un et l’autre semblent désirer de tarir les sources où ils viennent de s’abreuver. – Enfin, il est temps d’avoir un moment de relâche. On reprend ses chemises après s’être bien rincé la bouche, d’abord avec de l’eau ; ensuite chacun avec un petit verre d’excellent Marasquin, dont Nicole s’est à propos souvenue d’avoir encore un flacon échappé, par bonheur, à l’intempérance du vilain Hilarion.-
André de Nerciat, le diable au corps, roman libertin, 1798, tome troisième.
Félicien Rops, gravure pour l’édition de 1865 du diable au corps d’André de Nerciat.
Vous retrouvez cette citation et cette gravure sur le site @mateurdart
Et je ne résiste pas au plaisir de vous proposer cette autre oeuvre Hokusai sur un thème également traité par Rops et que vous trouvez également chez l'@mateur d'art.
20 avril 2009
La chatte de Lisbeth Salander
Velue ou Lisse, Pierre apporte des données historiques et politiques dans le long commentaire que je poste ci dessous.
J'avais je l'espère pas raccourci trop mon billet au point de faire croire que Swang partageait cette litanie d'insanité. Si c'est le cas je m'en excuse et partage votre erratum.
Toutefois, ce que je reproche à cet auteur c'est son vocabulaire trop psychanaliste, je pense que les femmes d'aujourd'hui peuvent se raser et se piercinger en toute liberté. Et j'avoue que j'aime personnellement tous les minous rasés ou velus sans en faire une question de principe ou de psychanalyse historique.
Ceci étant dit, il est important de connaitre l'histoire et les sources d'aliénation qui parfois nous influencent malgrés nous. Merci donc et à bientôt.
Mais avant une mise en bouche avec ce magnifique dessin de Berth. Ce dessin bien lui appartient et je promets d'acheter Siné hebdo mercredi pour me faire pardonner cet emprunt.
Bonjour à vous. Je suis tombé sur ce blog via celui d'Agnès Giard.
Concernant Zwang, je pense que vous interprétez à l'envers ses propos.
En effet, il dit : "Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de leur physiologie : navrante litanie !"
Ce qui suit est donc la litanie qu'il trouve navrante et qu'il énumère mais qui n'est pas du tout sa pensée.
Zwang
est un ardent défenseur des femmes et il lutte contre tout ce qu'on a
imposé aux femmes comme tortures corporelles au cours des siècles et
qu'on impose encore aujourd'hui, de façon plus insidieuse que par le
passé.
Comme on peut le lire ici : http://ame.enfant.org.free.fr/zwang.html où il parle des mutilations, dont l'épilation fait partie, cela date de 98 mais est encore très actuel.
Ce
que vous citez de Zwang, c'est justement ce qu'il dénonce. Ce sont les
reproches que les hommes ont fait aux femmes pendant des siècles et
cela fait partie de la répression sexuelle.
Je pense qu'il était important de rectifier et je vous invite à lire ce que Zwang explique ci-dessus, voici un petit extrait.
«L'homme
normal est habituellement rebuté par l'aspect chauve de la zone
génitale féminine. C'est en général la conséquence de la maladie, et
surtout de la sénilité. Une femme dépourvue de poils pubiens est une
vieille femme n'inspirant plus le désir. C'est pourquoi la tonte
sexuelle a de tout temps été infligée comme punition, surtout entre
femmes. Pour défigurer une rivale, ou pour châtier une prostituée qui
n'a pas obéi aux règlements du Milieu. Avant la libéralisation de
l'interruption de grossesse, et sans nécessité d'asepsie depuis la mise
au point de désinfectants liquides efficaces, les femmes devant subir
un curetage évacuateur après avortement étaient systématiquement et
entièrement rasées. Il fallait les punir d'avoir "tué leur bébé". Dans
un cas comme dans l'autre on s'attaquait à un signal déclencheur très
puissant, destiné à susciter le désir masculin, et on espérait bien
mettre la femme "hors course" avant la repousse pileuse.
Il n'en
va pas de même en contrée phallocratique, là où les femmes sont
infériorisées, assujetties. Le rasage féminin donne à la vulve et au
pubis l'aspect glabre des organes infantiles. C'est un signe de
soumission, pour ne pas apparaître en tant qu'adulte et autonome. La
femme est ainsi infantilisée.
La pratique est solidement
implantée dans les pays musulmans. Mais en Occident, la sexualité et
ses poils, tout spécialement féminins, ont été fortement culpabilisés.
C'est
pourquoi tant de femmes ont accepté sans broncher l'obligation de
rasage que leur ont infligé les maillots de bains "brésiliens". Cet
attentat à leur féminité morphologique adulte est même tarifé dans les
instituts de beauté. Les acheteuses de tenues de bain très échancrées y
vont se "faire le maillot". Pour se faire déboiser sur mesure. Alors
qu'il existe un peu partout des plages nudistes où montrer plus ou
moins de poil n'a plus aucune importance.
A l'instar des
phallocrates orientaux, il existe des machistes occidentaux qui eux
aussi sont émoustillés par les femmes infantilisées. C'est pour leur
complaire que la "faune" qui pose dans les productions pornographiques
pratique souvent l'épilation totale, et que certaines de leurs
partenaires s'y soumettent dans la vie courante, pour ressembler à ces
modèles rasés.
Il va de soi que les pédophiles, inhibés par les
femmes "velues et entières" apprécient hautement les fillettes glabres
et "bien obéissantes".
L'épilation corporelle totale.
Elle
est infligée rituellement aux jeunes mariées, avant la nuit de noces
coranique. Mais aussi en Inde, avant le mariage avec un aristocrate. La
femme est devenue à nouveau une enfant, au pouvoir de son seigneur et
maître. Il en attend la même docilité.
3° La censure de la féminité
Renoncer
à sa toison pubienne, à sa pilosité axillaire, à ses cheveux, voiler sa
chevelure, son visage, autant de sacrifices auxquels sont contraintes
les femmes partout où la féminité est suspecte, crainte ou haïe.
Certains châtiments expriment même un regret non pas "inconscient" mais
bien manifeste de certains hommes : que les femmes ne soient pas des
hommes, à leur image.
Bien que tous ces châtiments n'entraînent
pas d'amputation irréversible, ils n'en sont pas moins répréhensibles
car basés sur la même idéologie que les mutilations sexuelles. La
vieille culpabilisation métaphysique de l'animalité humaine, de ses
désirs, de ses organes sexuels, de leurs poils et de leurs odeurs, la
vieille misogynie inspirant les mêmes réticences, les mêmes
condamnations, les mêmes censures. Dans les hautes sphères de l'éthique
comme dans la vie quotidienne.»
Posté par Pierre, 20 avril 2009
suite
Et oui, l'épilation pubienne est du puritanisme et au départ, elle
était imposée aux femmes par les hommes ou alors, on punissait une
femme ayant fauté en lui brûlant le pubis à la cendre, voici ce que dit
Aristophane, 500 avant JC dans "Lysistrata"
"- J'en jure par
Aglauros, femmes, vous avez perdu le sens ou vous êtes sous l'influence
d'un philtre, ou victimes d'un malheur étrange, pour permettre que
cette peste vous insulte toutes. S'il y en avait une parmi vous... Eh
bien! allons-y nous-mêmes avec nos servantes, prendre quelque part de
la cendre, lui épiler le bas-ventre, afin qu'elle apprenne, étant
femme, à ne pas parler mal des femmes dorénavant.
- Pas d'épilation,
femmes! Si en toute franchise il est ici permis à chaque citoyenne de
dire son avis, et si j'ai exposé ce qui me semblait juste à l'égard
d'Euripidès, dois-je, pour cela, être épilée et punie par vous?"
J'ai analysé les propos d'Aristophane ici : http://ecologielibidinale.les-forums.com/topic/84/grece-antique-epilation-punition.html
Les poils féminins (PF) étaient interdits dans toute représentation
du corps des femmes à cause de leur caractère érotique, d'où leur
absence des tableaux des grands maîtres (jusqu'à la fin du 19ème) ou
des statues grecques. Dans les écoles d'Art de l'Antiquité à la
Renaissance, on interdisait aux élèves de la représenter, car trop
érotique, donc taboue, c'est du puritanisme. Puis, les censeurs
d'Hollywood interdisent qu'on la montre, dès le début du cinéma en
1896, média considéré comme subversif et donc, à réglementer. Pour ne
pas voir leur film interdit, les réalisateurs se pliaient donc aux
diktats puritains.
Aujourd'hui, pratiquement aucun cinéaste français
ne respecte la vérité historique alors qu'il suffit de regarder les
archives de l'INA pour voir que peu de Françaises lambda s'épilaient,
jusqu'au début des années 80. C'est une forme de révisionnisme, même si
le mot peut paraître forcé car c'est bien souvent involontaire, les
réalisateurs sont persuadés que les femmes se rasent depuis toujours,
certains à qui j'ai écrit l'ont avoué.
Mais le tournant, c'est en
1915, lorsque cela devient un enjeu commercial, les marchands de
rasoirs se sont rendus compte du marché énorme qui s'ouvraient à eux,
celui des femmes. C'est un tabou ancestral doublé d'une histoire de
fric qui conduit à la situation actuelle puisque ne pas se
raser/s'épiler, ça ne rapporte rien.
Ce qu'on censure est forcément
sulfureux, la situation actuelle est la même qu'il y a 2000 ans
puisqu'il n'y a plus aucune femme avec des poils dans la sphère
publique mais aujourd'hui, la société n'assume pas cette censure, elle
parle de "liberté", de "choix personnel".
C'est Giscard dans les
années 70 qui a autorisé qu'on montre des poils pubiens car il y avait
une interdiction légale en dehors de l'art (peinture). Dans les années
1950 paraissait une revue érotique s'appelant Paris Hollywood, une
espèce de Playboy avant l'heure. Mais elle ne publiait pas de photos
sans les retoucher car il y avait une censure draconienne qui
interdisait toute représentation du sexe féminin et de la toison
pubienne. Les photos de femmes entièrement nues étaient retouchées et
le bas du ventre des modèles apparaissait lisse et dépourvu de tout
détail. Mais depuis le milieu des années 90, les pubis féminins perdent
à nouveau leur toison dans ces magazines et dans les films X. On voit
bien en quoi c'est une retour au puritanisme, la parenthèse pileuse
aura duré moins de trente ans.
Il y avait déjà des pubis épilés
dans certains films X des années 80 : les SM où l'épilation fait partie
du rituel de soumission. Se faire raser le pubis y était la dégradation
ultime, rendant les femmes infantiles, comme on le faisait les siècles
passés pour punir certaines femmes. Cette humiliation a plu à certains
détraqués parmi les producteurs de X qui ont alors eu l'idée de
l'étendre à presque tous les films X.
Je compare l'épilation
féminine avec le voile chez les intégristes musulmans. Le voile a pour
but de cacher une partie du corps vue comme érotique par les Musulmans
machos qui refusent que d'autres hommes puissent être "excités" à la
vue des cheveux d'une femme. Donc, enlever les poils (les cacher, en
somme) ou cacher les cheveux, c'est du pareil au même, on enlève un
attribut potentiellement érotique. Les mollahs main dans la main avec
les pornographes pour empêcher les femmes de montrer des attributs
érotiques, qui l'eut cru ?
Pierre
Posté par Pierre, 20 avril 2009
19 avril 2009
Cunni Song
Andy Shmushkin is a cross between James Taylor and Lenny Bruce. He sings the sweetest fucking songs you’ve ever heard. Currently living in exile Shmushkin has a growing cult of fans and future lovers in the United States.
A brief list of things you should know about Shmushkin:
1. He was born with a moustache
2. His name means "pretty little vagina" in an obscure eastern European dialect.
3. He is Jewish, Buddhist AND Canadian
4. He used to be a chaperone for Barely Legal girls
5. He was first "discovered" in Hollywood by Andy Dick
6. National Lampoon is releasing his videos
18 avril 2009
La mécanique du plaisir
Je reviens sur l'enquête internet de Libé Vaginale / clitoridienne. A corps et à cris retranscrit par Cécile Daumas dont les résultats montrent que le sujet du cunnilingus est bien un sujet politique, scientifique, culturelle. Seul le côté artistique est laissé de coté.
D'abord la distinction Vaginale et clitoridienne est absurde :
«Compte tenu des connaissances sur la mécanique
du plaisir sexuel, l'opposition vaginale ou clitoridienne est une
question dépassée», explique Catherine Solano, médecin sexologue.
Si le sexe masculin forme un tout, du bout de la verge à l'arrondi des
testicules, il en va de même pour le sexe féminin. Sorte d'iceberg, le
clitoris visible à l'oeil nu ne représente qu'un petit bout de cet
organe qui enfouit ses ramifications nerveuses, longues d'environ dix
centimètres, des deux côtés du vagin. Quand il y a excitation sexuelle,
elle emporte le plus souvent clito et vagin à la fois. La proximité
entre les deux est telle que certains experts estiment que clitoris et
point G - situé à l'entrée du vagin, derrière le pubis - ne forment
qu'un seul et même organe. «Le point G, c'est l'arrière du clitoris, dit Damien Mascret, médecin sexologue. Voilà qui ne nécessite pas des milliers de pages de littérature.»
Longtemps, les hommes ont trouvé confortable, quand ils faisaient l'amour, d'oublier le plaisir de leurs compagnes. Longtemps, ils ont aimé croire que la pénétration était l'acte le plus jouissif pour les deux sexes. Focalisée sur la reproduction, l'Eglise - et sa position du missionnaire - ne les encourageait pas à penser autrement.
Freud, lui, verrouilla la question. Selon le père de la psychanalyse, une femme qui ne connaît que le plaisir clitoridien est immature. Pire, si elle s'adonne à la masturbation, activité jugée masculine, elle devient virile. Seuls les êtres atteignant l'orgasme vaginal sont considérés comme des adultes complets et accomplis. «La transformation de la petite fille en femme est caractérisée principalement par le fait que cette sensibilité [dont le clitoris est le siège, ndlr] se déplace en temps voulu et totalement du clitoris à l'entrée du vagin», écrit Freud en 1922, dans son Introduction à la psychanalyse.
Il faudra attendre les féministes des années 70 pour entamer la réhabilitation du clitoris , selon Jane Hunt dans Osez la masturbation féminine «On tombe dans l'excès inverse mais la masturbation féminine est explorée et défendue comme il se doit.»
Ovidie : «Le vagin, c'est la Belle au bois dormant, dit-elle. L'orgasme
vaginal est effectivement difficile à atteindre car c'est une zone
moins sensible que le clitoris ou l'anus. Mais il faut savoir le
réveiller et l'apprivoiser.»
Si la situation actuelle était celle de la liberté de la femme de jouir comme elle veut, de se faire chevaucher par un homme sauvage, ou de venir prendre par la main des hommes respectueux et timides qui pourrait s'en plaindre.
Et pour le plaisir cette magnifique oeuvre de Aeric Meredith-Goujon. Vous pouvez découvrir des oeuvres plus dérangeantes de ce photographe chez Michel debray
14 avril 2009
Cunnilingus pictural
Agnès Giard s'est fait écho du vernissage de l'expo de Jean-Pierre Ceytaire au musée de l'érotisme du 9 avril au 9 octobre 2009.
Il leur fait des visages à la Modigliani et des corps de poupée à la Hans Bellmer : ventre rond articulé sur des moignons de cuisse, encadrant un fruit fendu, offert à la concupiscence. «Oui, les femmes se dégustent, dit-il. Enfin celles qui déclenchent l'irrésistible envie de… Femmes sans bras pour ne pas repousser… Sans risque de baffes. Cuisses ouvertes prêtes à êtres léchées.» Il est rare qu’un peintre représente autant le cunnilingus. C’est presqu’une obsession dans les tableaux de Jean-Pierre Ceytaire: des hommes, il ne montre que la langue, toujours dressée, tendue, arc-boutée comme une flamme. Et les femmes aux yeux de serpent, se lovent amoureusement autour de cette langue qui darde contre leur sexe.
(...)
Avec un sexe aux sucs irrésistibles. «Je ne sais pas si beaucoup d’hommes ont un réel appétit pour le broutage, raconte Jean-Pierre Ceytaire (sous-entendu : «moi, oui»). Beaucoup aux dires des femmes ne le font qu’en suivant un scénario pré-enregistré sans aimer vraiment ça.» Et de déplorer que, si mal léchées, les femmes finissent par ne plus aimer cette caresse: «Ce refus de leur part, ce n’est pas de la honte mais du mal fait peut être.» Ce qui l’encourage d’autant plus à peindre des femmes aimant ça, entourées d’hommes-serpents aux langues reptiliennes. Jean-Pierre Ceytaire se définit comme un «maître du cunnilingus pictural».
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